Biographie

Olivier Estoppey est né le 30 juin 1951 en Suisse, dans le canton de Vaud. Il suit les cours de l’Ecole cantonale des beaux-arts de Lausanne de 1972 à 1977, il séjourne en France, à Arles, et à Bologne en Italie de 1979 à 1980. Il est professeur de dessin et d’expression visuelle, à l’Ecole des beaux-arts de Sion de 1981 à 1982 ainsi qu’au département d’architecture de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne de 1983 à 1987 et de 1993 à 2002. Il gagne de nombreux concours et réalise plusieurs aménagements extérieurs, animations artistiques et oeuvres intégrées à l’architecture de bâtiments publics et privés. Multiples prix et distinctions. Il compte de nombreuses expositions personnelles en Suisse et à l’étranger, il participe de manière marquante, avec des installations monumentales, à un grand nombre d’expositions collectives. Il pratique également la gravure. Plusieurs de ses oeuvres sculptées ou dessinées font partie de collections publiques. Il vit et travaille à Aigle.

Olivier Estoppey<em></br>© Pierre Starobinski</em>
Olivier Estoppey </br><em>© Pierre Starobinski</em>
Olivier Estoppey </br><em>© Pierre Starobinski</em>
Texte biographique : 

Ce protestant a déjà tenté, avec sa petite famille, de s’évader. Cap au Sud ! Ils l’ont repris. Le voilà attaché à sa table, n’ayant plus pour lui que les nuits et le rêve. Il déborde d’histoire dont personne n’a jamais entendu la fin. A l’aise dans son corps de boxeur mi-lourd, il est sérieux, refuse la plupart du temps de descendre dans la cour lors des récréations mais lorsqu’il y est, il y est bien et joue comme on doit le faire, avec passion. Ne vous fiez pas à son air doux, à ses attitudes de paysan endimanché, à ses sabots. C’est un mégalo ! Il ne veut pas animer l’espace, déconstruire la vision ou donner à penser. Il n’est pas des vielles avant-gardes, il ne veut pas étonner, provoquer, maltraiter le public. Il veut émouvoir, intriguer, bercer, prendre des risques, partir à l’aventure, voir grand. Il se méfie des mots et ceux-ci le lui rendent bien. Je ne sais pas pourquoi mais pour moi il est aussi ce soldat jeune, bouche ouverte, tête nue. Sans doute parce qu’il est si fidèle à son poste… Va ! Sculpte, dessine, scie, cloue, colle, assemble, photocopie, peint, donne, donne, donne ! Il a un rapport d’attraction-répulsion vis-à-vis de l’architecture, des historiens d’art et des fruits de mer, vielle blessure toujours suppurante. Si l’aigreur ne l’entame pas, ses récits plastiques vont s’épaissir, gagner en profondeur, envoûter. Dormeur du Val, il a dans l’esprit plus d’un bestiaire, des elfes, des farfadets et de sibyllines sirènes. Passerelle, cage, bateau, chanson archaïque, refrain de prisonnier, tout est ambition ramassée sur elle-même et prête à bondir. Le buffle est patient et le rhinocéros véloce. L’avez-vous vu, l’Estoppey qui se tricote à la lumière de la lune une échelle de songe ? Ne renie pas… Creuse ! Si ils savaient… Nous sommes tellement riches, pleurs salés et rires en murmures. Et moi je m’en allais, les poings dans mes poches crevées. Yves Tenret